mercredi 4 novembre 2009

Pour Barack Obama, le pays qui gagnera la course aux énergies propres dominera l’économie mondiale

Intervenant au MIT (Massachusetts institute of technology) de l’université de Harvard à Boston, Barack Obama a déclaré que «de la Chine à l’Inde, du Japon à l’Allemagne, les nations partout sont en compétition pour développer de nouvelles façons de produire et d’utiliser l’énergie» estimant que «la nation qui gagnera cette compétition sera celle qui dirigera l’économie globale». Il a ajouté qu’il en était convaincu et qu’il voulait que «l’Amérique soit cette nation». Reste que, selon les chiffres cités par Steven Chu, le secrétaire à l’Energie de l’Administration Obama, la Chine dépense actuellement trois fois plus que les Etats-Unis dans la recherche et le développement d’énergies peu polluantes. Une situation qui inquiète les industriels américains qui estiment qu’il faut prendre rapidement des mesures pour développer les énergies propres et ainsi pouvoir récupérer la plus grande partie des «emplois verts» qui iront avec et que certains chiffrent par millions.

mardi 3 novembre 2009

Il y a un an, Barack Obama était élu président des Etats-Unis

Cela fait un an, le 4 novembre 2008, que l’impensable est devenu réalité: un noir était élu à la présidence des Etats-Unis, la première puissance mondiale peuplée majoritairement de blancs. Depuis beaucoup d’eau a coulé sous les ponts des Etats-Unis et du monde mais il n’est pas inintéressant de rappeler quelques évidences.

La victoire de Barack Obama a été possible parce que George W Bush était détesté par une grande partie de la population américaine et parce que le pays commençait à être confronté à une grave crise économique. Mais la victoire de Barack Obama était tellement improbable à cause de sa jeunesse, de son inexpérience des arcanes du pouvoir washingtonien, de sa peau et de la puissance des candidats face à lui (notamment Hillary Clinton) que l’on ne peut qu’être, encore une fois, admiratif de la capacité qu’il a eu à apparaître incontournable et élu dans un pays où il y a quarante ans un homme, Martin Luther King, était assassiné parce qu’il réclamait l’égalité des noirs face aux blancs mais qu’il n’imaginait pas un seul instant qu’un noir puisse être élu président d’une nation essentiellement blanche (rappelons que la majorité des Latinos est de race blanche).

Au-delà de cet événement historique et de la performance politique, il convient bien entendu d’analyser la pratique politique et les résultats de Barack Obama sur l’année écoulée. Evidemment, ll ne peut être question de tirer des conclusions définitives de son action alors qu’il n’en est même pas au quart de son mandat présidentiel puisqu’il a pris officiellement ses fonctions le 20 janvier dernier.

Si l’on doit tout de suite dire que sa pratique politique a confirmé son centrisme et sa volonté de consensus, on doit ajouter que ce positionnement sur l’échiquier politique lui a attiré plus de difficultés que de facilités dans son action gouvernementale. En effet, sur la plupart des sujets il a du affronter la gauche et la droite, la première estimant qu’il est trop tiède dans ses réformes, la deuxième le présentant comme un dangereux socialiste qui, au choix, conduit le pays vers le communisme ou le nazisme!

Plus sérieusement, le plan de relance de l’économie, le plan d’assurance santé pour tous les Américains, l’ébauche d’une nouvelle vision du monde, le plan pour développer l’industrie verte et lutter contre la dégradation de l’environnement (dont le réchauffement climatique) ont été les principaux chantiers de l’Administration Obama au cours de ces premiers mois de pouvoir.

Quels sont les résultats? Le plan de relance de 787 milliards de dollars n’a pas empêché le chômage d’augmenter mais la croissance de 3,5% au troisième trimestre de 2009 est du presqu’uniquement à celui-ci. Reste que certains experts, dont le très libéral (gauche) prix Nobel d’économie 2008, Paul Krugman, estiment qu’il convient de mettre en place un deuxième plan de relance, une prise de position vivement combattue par les conservateurs et à laquelle Obama ne veut se résoudre pour l’instant.

En ce qui concerne le plan d’assurance santé pour tous, un vote du Congrès devrait intervenir dans peu de temps. Et même si le plan a été édulcoré par rapport à la volonté d’Obama de mettre en place une véritable alternative publique au système géré par les assurances privées, s’il est voté ce sera un important succès pour le président américain. Selon les analystes, de toute façon, un plan d’assurance santé pour la quasi-totalité de la population devrait voir le jour avant la fin de l’année.

Pour ce qui est de l’environnement, Barack Obama a été un peu en retrait par rapport à ses ambitions premières. Néanmoins, pratiquement plus personne aux Etats-Unis ne met en doute la nécessité de faire quelque chose notamment au niveau des énergies alternatives et, déjà, le futur se prépare, comme toujours, principalement en Californie.

Quant à la nouvelle vision d’un monde multipolaire avec la volonté de coopération avec tous les régimes de la planète tout en continuant à promouvoir la démocratie, elle a été accueillie avec enthousiasme par l’ensemble des peuples du monde. Mais elle se heurte à la fameuse realpolitik et aux régimes totalitaires ainsi qu’aux mouvements terroristes.

Barack Obama a encore trois ans (et peut-être sept s’il est réélu pour un second mandat) pour faire avancer son «agenda» comme on dit aux Etats-Unis. Et même s’il n’a pas atteint ses objectifs au cours de ses premiers mois de présidence, personne ne peut dire qu’il n’a rien fait et rien tenté. Bien au contraire.

vendredi 9 octobre 2009

Où l’on s’aperçoit qu’Obama n’est pas Dieu… bien que!

Il y a quelques jours, la presse enterrait Barack Obama qui venait d’essuyer un échec cinglant à Copenhague où le Comité olympique international, pour se venger du Comité olympique national américain avait écarté la candidature de Chicago pour l’organisation des Jeux Olympiques de 2016 au premier tour de scrutin. Selon elle, la magie Obama était bien terminée et sa présidence allait sombrer dans la médiocrité. Le voilà maintenant Prix Nobel de la Paix à peine neuf mois après sa prise de fonction à la Maison Blanche et ressuscité, renaissant de ses cendres tel un phénix! Bien sûr, de nombreux commentateurs, comme Obama lui-même d’ailleurs, s’étonnent qu’il ait reçu ce prix si vite alors qu’aucune de ses politiques n’a encore donné les résultats escomptés. Cependant, le comité du Prix Nobel a expliqué que personne d’autre que lui n’avait œuvré autant pour la paix que le Président américain cette dernière année. Et il est vrai que Barack Obama a parlé de paix, de dialogue, de monde dénucléarisé, de concertation mondiale et de droits de l’homme. De ce point de vue, sa récompense semble méritée d’autant qu’il est le Président de la première puissance mondiale et que ses propos peuvent être traduits réellement en actes.

Mais celle-ci ne va sans doute pas telle une baguette magique lui permettre de boucler facilement sa réforme du système de santé américain ni le dilemme de l’engagement des troupes en Afghanistan dans une guerre nécessaire mais que personne ne sait comment faire pour la gagner. Sans oublier la montée du chômage, la bombe iranienne et quelques autres dossiers brûlants.

De nombreuses voix se sont fait entendre ces derniers temps pour estimer que Barack Obama n’avait pas les épaules assez larges pour traiter de tous ces problèmes et que, peut-être, il n’était pas celui que l’on croyait. Celui que ces «on» croyait qu’il était ressemblait fort à… Dieu! Il faut réécouter ou relire beaucoup de ceux qui mettent en doute aujourd’hui ses capacités quand ils faisaient l’apologie béate et ridicule d’un homme qu’ils ne connaissaient même pas mais dont «on» devait dire qu’il allait tout changer aux Etats-Unis et dans le monde pour être dans le coup...

Barack Obama changera peut-être profondément les choses, et aux Etats-Unis, et dans le monde mais de tout cela on ne pourra le savoir qu’à la fin de son travail dans trois ou sept ans. En attendant, au lieu de scruter tous ces échecs le matin en se levant (comme ils scrutaient auparavant tous ces succès), nos «grands commentateurs» qui sont aussi critiques qu’ils avaient été dithyrambiques devraient faire quelque introspection car la flagornerie autant que la critique sont faciles, seule l’action est difficile comme l’expliquait un prédécesseur de Barack Obama, Théodore Roosevelt.

Laissons du temps à Barack Obama avant d’émettre des opinions définitives sur son action. Cependant, le Président américain n’a jamais et ne sera jamais un homme parfait. Et, d’ailleurs, il ne le prétend pas. Durant la campagne électorale face d’abord à Hillary Clinton puis face à John McCain, il a montré quelques limites et quelques insuffisances dont il avait été fait état ici. De même, il n’est pas ce Messie pur et désintéressé venu sauver le monde mais un homme politique avec une très grande confiance en lui-même et avec une ambition démesurée. SI tel n’avait pas été le cas, il ne serait pas où il est aujourd’hui.

Mais quelques soient ses défauts et ses insuffisances, tout autant que ses qualités et ses points forts, ils ne peuvent seuls le qualifier. Ce sont uniquement ces actes et ses réalisations qui nous en diront un peu plus. Gageons que les «grands commentateurs» ne seront pas capables d’attendre et que, d’un côté ou d’un autre, ils continueront à juger quotidiennement Barack Obama. C’est dommage. La seule chose positive c’est qu’heureusement, eux, ils ne sont pas au pouvoir!

lundi 5 octobre 2009

Centrisme: ce que les difficultés de Barack Obama peuvent nous apprendre

Baisse de popularité, médias sceptiques, opposition plus agressive, projets critiqués, Barack Obama est dans une mauvaise passe même s’il faut immédiatement ajouter qu’il garde une côté de confiance positive avec plus de 50% d’Américains qui ont de lui une image positive. Mais le Président américain doit faire face à un certain nombre d’écueils politiques. On peut d’ailleurs les classer en trois catégories, ceux provenant de la situation politique, économique et sociale, ceux provenant du contenu de ses réformes et puis ceux qui proviennent de sa manière de gouverner.

Parlons brièvement des deux premières catégories avant de nous focaliser sur la troisième qui nous intéresse plus ici. Barack Obama, dès son élection, a hérité d’une situation intérieure et extérieure catastrophique. Une crise économique et financière mondiale qui a démarré aux Etats-Unis, deux guerres (Irak et Afghanistan) qui semblent impossibles à gagner, voire même à terminer, une nation divisée et doutant d’elle-même qui a tendance à se recroquevillée sur elle-même, en témoigne les débats sur l’immigration, par exemple.

Ses réponses à ces défis immenses ont été de proposer une politique volontariste avec de nombreuses réformes. Il y a d’abord eu le plan de relance de l’économie d’un montant sans précédent de 787 milliards de dollars. Il y a eu ensuite les sauvetages de banques et d’industries comme celle de l’automobile avec des nationalisations de fait. Il y a eu encore la révision de la stratégie en Irak et en Afghanistan. Puis est venu le temps des deux réformes principales de la présidence Obama, celle du système de santé afin de garantir une assurance santé à tous les Américains, celle du système financier afin d’éviter les abus qui ont conduit à la crise actuelle.

Voilà de quoi déstabiliser la première puissance du monde qui, tout d’un coup, voit un cataclysme économique fondre sur elle puis un remède de cheval lui être proposé. D’autant que si la situation économique s’est améliorée, le chômage demeure pour l’instant à un niveau très élevé. Mais Barack Obama semble aussi avoir été déstabilisé par sa propre politique centriste.

Pendant la campagne électorale de 2008, Barack Obama avait affirmé à de multiples reprises qu’il gouvernerait avec tous les Américains et qu’il serait un président «pospartisan» c’est-à-dire, non seulement capable de faire travailler ensemble les Démocrates et les Républicains mais aussi de dépasser ces clivages pour former une nouvelle donne dans la politique américaine où les majorités peuvent se faire sur des projets et non sur des oppositions de partis.

Bien sûr, cette affirmation avait rendu sceptiques de nombreux chercheurs en sciences politiques qui estiment que la volonté d’un consensus aussi large est carrément impossible dans une démocratie. D’autant, ajoutaient-ils, que les clivages idéologiques dans la politique américaine n’ont jamais été aussi forts grâce à l’action conjuguées des néoconservateurs et de la droite chrétienne qui ont formé une alliance de circonstance afin de bâtir une majorité conservatrice. Ainsi, on estime que les parlementaires américains votent désormais à 95% comme leur camp à la fois au Sénat et à la Chambre des représentants.

Cependant, autant par conviction que par nécessité, Barack Obama a mis en œuvre cette politique de rapprochement qui a déçu très vite la frange la plus à gauche de ses supporters comme on pouvait s’y attendre. Ainsi, dans son gouvernement mais aussi dans des nominations dans son administration au sens large, Barack Obama a nommé de nombreux centristes qu’ils viennent du Parti démocrate comme du Parti républicain ou de la société civile. Néanmoins, cette première phase a été relativement bien accueillie par la population et le monde politique d’autant que le nouveau président bénéficiait alors d’une cote de popularité exceptionnelle.

Mais les choses se sont corsées rapidement sous l’effet de trois facteurs. Le premier est la guérilla qu’ont menée les franges extrémistes du Parti républicain, proches de l’extrême-droite et comptant parmi elles de très nombreux racistes n’acceptant pas qu’un noir puisse diriger le pays. Cette guérilla, dont les chantres sont Rush Limbaugh et Glenn Beck, deux animateurs à la radio et à la télévision, a obligé un certains nombres de Républicains modérés soit à se faire discrets, soit à rejoindre une opposition dure de peur de perdre leur électorat le plus à droite et qui leur a permis de se faire élire.

Le deuxième facteur vient de ce que Barack Obama n’a pas été aussi bien élu qu’on pourrait le penser. Cette affirmation pourrait surprendre puisqu’il a obtenu 53% des suffrages. Mais il ne faut pas oublier les circonstances extrêmement favorables de l’élection pour un candidat démocrate. Les analystes estimaient que si le Parti démocrate ne remportait pas cette élection c’est qu’il ne pourrait plus jamais en remporter. Toutes les circonstances jouaient en sa faveur: un président (George W Bush) complètement discrédité avec une popularité à 27%; une situation économique et financière très grave; une guerre en Irak s’enlisant; des scandales à répétition sur les écoutes téléphoniques ou les tortures sur les présumés terroristes prisonniers; un candidat républicain, John McCain, totalement sans charisme et relief dont beaucoup d’ennemis venaient de son propre camp. Du coup, en référence aux résultats électoraux du passé, les experts estimaient que même un âne (emblème du Parti démocrate) devait l’emporter… En tout cas, selon eux, un raz-de-marée d’au moins 55% à 60% des voix étaient prévisibles. Barack Obama n’est parvenu qu’à 53% et a été même, pendant un cours laps de temps, en retard dans les sondages derrière John McCain. Bien sûr, la couleur de sa peau a joué dans cette déperdition de voix mais il semble bien aussi que sa difficulté à mobiliser sur une vision consensuelle dans un environnement clivé ait été également un facteur d’un résultat moins large que prévu.

Quant au troisième facteur, il semble qu’un excès de confiance de Barack Obama dans son charisme et ses capacités de rassemblement, bien connus de ceux qui le suivent depuis ses débuts en politique, ne lui aient pas permis de se mobiliser suffisamment sur les grands défis de sa présidence.

Le débat sur la réforme du système de santé est à cet égard exemplaire. Barack Obama souhaitait un large consensus sur son plan pour deux raisons. Il voulait démontrer que sur une question aussi importante les Américains pouvaient se réunir. Mais il voulait aussi éviter les déboires que le plan de Bill Clinton a connu suite au refus de celui-ci d’accepter de l’amender pour qu’il soit adopté à la fois par les Démocrates et les Républicains. Du coup, Barack Obama fixa les grandes lignes et laissa au Congrès de structurer la réforme. Las, les Républicains en profitèrent pour faire de cette réforme un test sur la popularité du Président, certains d’entre eux prédisant avec joie qu’elle serait son Waterloo… On connaît la suite avec les attaques outrancière dont il a été victime puisqu’il a été traité d’Hitler et de Staline (!) sans oublier tous les mensonges sur son contenu sans pour autant susciter une réaction forte de la présidence ?

Dès lors on peut se poser la question de savoir si la politique centriste de Barack Obama, tant dans le fond que sur la forme, tant dans le contenu que dans la pratique du pouvoir, n’est pas remise en cause et que les difficultés qu’il rencontre ne démontrent pas l’impossibilité d’un gouvernement aux pratiques réellement centristes.

Il est certain qu’un gouvernement centriste a deux fois plus d’ennemis qu’un gouvernement de gauche ou de droite puisque la Droite et la Gauche le critiquent en même temps, chacun des deux bords trouvant qu’il penche de l’autre côté. C’est pourquoi, malgré ce que croient certains, le Centrisme est beaucoup plus difficile à mettre en œuvre et qu’il faut une volonté de tous les instants pour rassembler et trouver des consensus. L’erreur de Barack Obama a sans doute été de croire que sa victoire était une acceptation de cette politique centriste alors qu’elle était plutôt une autorisation de la mettre en œuvre sous l’œil vigilant du peuple. Si Barack Obama avait compris son élection de cette manière, il aurait continué inlassablement à travailler au rassemblement et aurait allumé des contrefeux aux déclarations et aux agissements extrémistes qui se sont fait jour depuis six mois avant que ceux-ci, de manière virale bien connue maintenant, n’atteignent internet puis les médias traditionnels.

Car avoir des ennemis et des sceptiques à droite et à gauche permet à ceux-ci de déstabiliser d’autant plus un pouvoir que celui-ci ne peut s’appuyer sur un camp contre un autre puisqu’il désire rassembler les bonnes volontés d’où qu’elles viennent pour bâtir une politique au-delà des clientélismes qui sont les bases même des politiques clivantes de droite et de gauche.

Bien entendu, on ne peut pas conclure que Barack Obama a échoué alors qu’il n’est même pas au pouvoir depuis un an, ni même qu’il ne va pas reprendre la main rapidement. Certains observateurs estiment qu’il pourra en être le cas s’il parvient à faire passer une réforme de la santé même si celle-ci ne correspond pas exactement à celle qu’il souhaitait voir mettre en œuvre. Mais il ne réussira à mettre en place une politique et un pratique centristes que s’il comprend que le consensus et le juste équilibre à la base de celles-ci est un combat de tous les instants, une lutte contre tous les intérêts particuliers et les clientélismes qui viennent de tous les bords.

Le Centrisme ce n’est pas et ce ne sera jamais une politique molle. Une politique molle est une politique au centre que font la Droite et la Gauche quand elles sont au pouvoir en essayant de ne pas décevoir la frange extrémiste de leur électorat. Ce n’est pas une politique du Centre, bien plus exigeante et bien plus éprouvante pour ceux qui s’en réclament. Mais c’est sans doute la seule qui nous permettra de construire un présent et un avenir où chacun a sa place et ou tout le monde se sent concerné et impliqué. Et ça vaut bien toutes les dépenses d’énergie. A Barack Obama de nous prouver qu’il n’est pas seulement un phénomène médiatique mais un farouche combattant de ses idéaux politiques.

mardi 9 juin 2009

Les cent jours de Barack Obama: une politique centriste ouverte et pragmatique

S’il y en avait qui avait encore des doutes sur le centrisme du nouveau président américain, il suffit de faire le bilan de ses cent premiers jours à la Maison blanche pour les balayer. Et ce ne sont pas les extrémistes de gauche et de droite qui diront le contraire, eux qui n’arrêtent pas de pester, les premiers devant un interventionnisme trop timide de l’Etat, les deuxièmes en comparant les Etats-Unis à l’Union soviétique de jadis, pire, à la France d’aujourd’hui! Le pire pour tous ces idéologues qui enragent, c’est que Barack Obama fait globalement ce qu’il avait qu’il ferait et qu’il gouverne comme il avait dit qu’il le ferait. C’est assez rare et exceptionnel, les politiques jouant généralement avec les promesses politiques qui, on le sait bien, n’engagent que ceux qui y croient… Et ce qui est encore plus rageant, c’est que le nouveau Président demeure ouvert et pragmatiste, désirant gouverner, non pas avec tout le monde comme on le dit souvent à tort, mais avec tous ceux qui ont envie de s’impliquer avec lui dans le redressement des Etats-Unis. Une attitude qui a complètement déstabilisé ses opposants du Parti républicain qui, frileusement, se sont réfugiés dans une opposition dure et méchante où des animateurs de radio excités tel Limbaugh ou des anciens durs de l’administration Bush, tels Cheney ou Rove peuvent déverser leur fiel en guise de programme politique.

Barack Obama a donc déçu les activistes de gauche et de droite mais, et c’est le plus important pour lui, pas la grande majorité du peuple américain qui lui manifeste largement sa confiance et, sans doute, du monde entier. En cent jours, aujourd’hui, de gouvernement de la première puissance du monde, il a commencé à avancer vers sa grande ambition sans perdre trop de temps: sortir de la crise et refonder le capitalisme américain par une politique centriste où tout le monde aura sa place, c’est-à-dire faire vivre réellement le rêve américain. Tout n’a pas été facile depuis le 20 janvier où il a pris ses fonctions et les difficultés sont là. Tout sera encore moins facile dans les mois qui viennent mais, pour l’instant, il s’en sort assez bien si l’on en croit les analystes, les médias et les citoyens des Etats-Unis. Bien sûr, il est encore trop tôt pour affirmer que sa présidence sera une réussite et marquera l’Histoire mais sa dimension politique n’échappe à personne et les spécialistes de la présidence américaine sont étonnés de la facilité avec laquelle cet homme jeune de 47 ans et au cursus politique limité a pu s’imprégner aussi profondément et rapidement de son rôle. «Je crois que nous n’avons rien vu de pareil à Obama depuis Roosevelt» a déclaré l’historienne Doris Kearns Goodwin à Time Magazine.

Pour parvenir à ses fins, Barack Obama s’est fixé cinq objectifs majeurs : sortir de la crise économique en changeant les pratiques financières pour toujours, faire des Américains le peuple le mieux éduqué du monde, donner une assurance santé à tout la population, fonder la nouvelle croissance du pays sur les énergies nouvelles et l’écologie, réduire le déficit budgétaire. Dans le même temps, il veut un monde apaisé où la lutte contre le terrorisme serait collective, impliquant tous les Etats du monde d’où une volonté sans faille de discuter avec tout les pays et de tendre la main sans exclusive, non pas candidement mais avec un pragmatisme lucide et une volonté de croire en la raison humaine.

Pour cela, Barack Obama explique qu’il faut rebâtir la maison Amérique sur du roc et non plus sur du sable comme maintenant, utilisant pour cela des images issues directement du Sermon sur la Montagne de Jésus ! Car le nouveau Président des Etats-Unis veut faire entrer pour de bon son pays dans le XXI° siècle avec des valeurs fortes dépassant celles d’un postmodernisme individualiste et tourné uniquement vers la satisfaction matérielle. C’est une rude et difficile tâche mais on a l’impression que Barack Obama aime les difficultés même s’il aime à dire qu’il aurait préféré s’attaquer à des problèmes moins graves ou, à tout le moins, à un problème après l’autre et non pas à tous en même temps !

D’autant qu’il souhaite que tous les Américains sortent vainqueurs des défis qui s’annoncent dans une vision centriste de la politique. Et c’est pourquoi on le voit partout pour expliquer ce qu’il fait et l’expliquer à tout le monde. Ce n’est certes pas facile car, comme chacun le sait, le Centrisme a des ennemis des deux côtés de l’échiquier politique et que, par son ouverture, il s’expose aux controverses sans fin de la part des idéologues. Mais s’il gagne sa bataille, il aura à coup sûr sa place dans le panthéon des grands présidents américains.

lundi 26 janvier 2009

Barack Obama, premier président «postpartisan»?

Il y a un mot à la mode dans la politique américaine depuis l’élection de Barack Obama : « postpartisan ». Il indique un positionnement politique au-delà des différences partisanes en les dépassant pour créer une nouvelle dynamique politique dans l’union. Il y avait déjà le mot bipartisan qui signifiait réunir des personnalités des deux bords pour une durée déterminée ou sur un projet spécifique comme une loi ou une vision politique plus large comme ce fut le cas, par exemple, pour la politique étrangère américaine après la deuxième guerre mondiale notamment vis-à-vis de l’Union soviétique. Mais être « postpartisan » c’est être au-delà de cette simple union de circonstance car c’est réunir les deux bords sur un projet politique global. Ce tour de force, selon les commentateurs politiques qui monopolisent actuellement les médias américains, pourrait être atteint pour la première fois par le nouveau président des Etats-Unis, Barack Obama. N’a-t-il pas déjà réussi à composer une équipe gouvernementale où se retrouvent toutes les couleurs de l’échiquier politique ? N’a-t-il pas un discours réunificateur où tout le monde peut se retrouver ? N’a-t-il pas affirmé que seules les bonnes idées comptent d’où qu’elles viennent ? N’y a-t-il pas 82% des Américains qui lui font confiance ? Et, en ces temps de doute et de crise où le peuple américain recherche des repères et des points d’appui, n’est-il pas l’homme providentiel qui va unir tous les Américains dans un nouvel élan ?

Seul problème, aucune étude sérieuse ne permet d’affirmer qu’il a la moindre chance d’y arriver. Ainsi, Michael Lewis-Beck de l’Université de l’Iowa et co-auteur de « The American Voter Revisited », livre qui fait autorité dans la science politique américaine, estime que le terme « ‘postpartisan » est un non-sens tant les élections américaines sont rythmées sur le vote partisan Républicain-Démocrate. Comme toutes les études le montrent, les électeurs républicains votent toujours au moins à 90% pour le candidat républicain et il en est de même pour les électeurs démocrates qui votent toujours au moins à 90% pour le candidat démocrate. Penser que la carte électorale peut être bouleversée est une erreur selon Michael Lewis-Beck et Barack Obama pourrait même le payer cher s’il s’aventurait trop loin dans cette volonté « postpartisane » car les Républicains ne voteraient sans doute toujours pas pour lui et les Démocrates pourraient le trouver trop proche des Républicains et ne plus voter pour lui parce que traître à son propre parti !

Bien sûr, un homme providentiel peut faire bouger la carte électorale. Au-delà du fait que cela ne dure le plus souvent que le temps du parcours politique de cette personnalité, la recomposition demeure souvent limitée. Mais les études scientifiques ne sont-elles pas, aussi, faites pour être contredites un jour par les faits ? Si l’on est optimiste et que l’on souhaite que Barack Obama réussisse dans son entreprise, quelques rappels de l’élection ne sont pas inutiles pour apprécier l’ampleur de sa tâche. Ainsi, pour les universitaires Jim Stimson de l’Université de Caroline du Nord et Franck Baumgartner de l’Université de Pennsylvanie, Barack Obama est un président mal élu... En effet, selon toutes les projections, la situation catastrophique du pays et la relative faiblesse de son concurrent républicain, il aurait du obtenir au bas mot 58% des voix. Or, il n’en a obtenu que 53,5%. Les 4,5 points qui lui manquent viennent sans doute, pour eux, de la couleur de sa peau. Dès lors, on peut penser que l’entreprise « postpartisane » sera excessivement difficile à réaliser. Sans oublier que la polarisation politique est très forte avec une gauche du Parti démocrate très à gauche et une droite du Parti républicain très à droite, cette dernière attendant les premiers faux-pas du nouveau président pour ruer dans les brancards.

Néanmoins, comme le disent également les universitaires cités plus haut, il ne faut pas oublier que Barack Obama a été élu et qu’il s’agissait certainement là d’un premier tour de force historique. Ainsi, il est non seulement le premier président noir des Etats-Unis mais sa carrière politique a été météorique. Qui aurait parié un seul cent sur ses chances il y a quatre ans de cela ? Et puis, il y a un « avant » l’élection et un « après ». Ici, le déclic a été l’élection. Même si Obama était le favori, même si même un « chien jaune » démocrate (expression texane !) aurait été élu cette année contre n’importe quel Républicain, il a réussi à briser « le plafond de verre » et ouvert un nouveau temps politique. Il n’y a qu’à voir l’engouement politique sur sa personne et les attentes sur sa politique pour se rendre compte qu’un nouveau chapitre de l’histoire américaine a peut-être été ouvert le 4 novembre 2008. Et si Barack Obama parvenait à être un président « postpartisan » alors il rentrerait dans l’histoire comme le plus grand des présidents américains. Nous en reparlerons dans quatre ans ou peut-être huit…

vendredi 23 janvier 2009

Barack Obama, le centriste qui va faire enrager les extrémistes

Dans les journaux de gauche, les « insultes » de dépit pleuvent déjà : Obama n’est qu’un vilain centriste (mais on l’aime quand même…). Dans les journaux de droite, ce sont les « louanges » de surprises qui lui sont adressées : Obama est en réalité un gentil centriste (c’est pourquoi on peut l’aimer…). Mais qu’il soit un vilain ou un gentil, parions qu’il sera bientôt critiqué si ce n’est détesté par les deux bords qu’il va nécessairement décevoir tant ils attendent qu’il soit de « leur côté ». Parce qu’il n’est ni de droite ni de gauche, non, Barack Obama est un vrai centriste. Dès lors sa politique risque d’être rejetée aussi bien par la droite qui verra en lui un affreux collectiviste et par la gauche qui verra en lui un affreux capitaliste selon les mesures prises. Car, être du Centre et le montrer est la plus difficile des postures politiques. Si l’on est à droite ou à gauche et que l’on gouverne au centre avec une rhétorique extrémiste, rien de plus normal. C’est le cas le plus commun dans nos démocraties puisque le gouvernement des humains vous impose de tenir compte de la réalité et d’utiliser l’idéologie uniquement pour se faire élire puis dans des discours enflammés mais surtout pas dans la pratique politique. Au moins, le discours partisan à défaut des actes, permet les repères politiques avec des partisans et des adversaires. Avec Barack Obama, le discours est ouvert tout comme sa vision de la politique. Voilà une position qui ne peut que désorienter et donc susciter les critiques virulentes.

L’équipe que Barack Obama a mise en place est un subtil équilibre centriste. Et les critiques ont fusé. Les militants de gauche se sont étranglés de voir des Républicains dans le gouvernement et, surtout, leur objet de haine, la centriste Hillary Clinton. Les propositions économiques de Barack Obama sont centristes. Et déjà, les démocrates libéraux (les plus à gauche) critiquent le plan de relance qui fait la part belle selon eux aux capitalistes alors que les républicains les plus à droite critiquent le retour d'un Etat soi-disant incapable (alors que ce sont eux qui ont fait exprés qu'il ne soit plus capable de remplir ses missions en lui rognant ses moyens). Tout comme sa vision de la société et sa volonté d’offrir une assurance santé à la population (combattu par la droite) mais sans l’assistanat. Sans parler qu’il est pro-avortement (un crime pour la droite) mais pour la guerre en Afghanistan (un crime pour la gauche). Et quand le nouveau président des Etats-Unis affirment qu’une bonne idée n’est ni de gauche, ni de droite et qu’il en attend de tous les horizons politiques, voilà qui n’est pas politiquement correct et qui n’est guère compréhensible pour la plupart de ceux qui ne fonctionnent qu’avec une vision duale de la politique : les bons et les méchants.

Barack Obama va donc faire enrager les extrémistes de tout bord. Surtout s’il réussit ! Mais son action à la tête de la première puissance mondiale sera particulièrement intéressante à être observée et analysée car elle peut ouvrir une nouvelle ère dans la façon de gouverner les humains et, pourquoi pas, un possible modèle en la matière pour le XXI° siècle naissant. Pas d’emballement, évidemment, mais un espoir raisonné. Et c'est déjà beaucoup dans ce monde où il y a tant de motifs pour renoncer.

vendredi 2 janvier 2009

Barack Obama est-il trop parfait ?

Savoir si Barack Obama est trop parfait est une interrogation bien incongrue car personne n’est trop parfait. En revanche, de savoir si Barack Obama ne peut-il que décevoir parce que nous le voyons trop parfait, est une question tout à fait pertinente. Et une question que beaucoup ne veulent pas se poser tant la réponse semble, à la fois, évidente et lourde de conséquences. Car même si Barack Obama obtient de grands succès dans sa politique, même s’il demeure lui-même, tout ce qui a été investi dans sa personne, dans son image ne peut qu’amener de la déception. Cette déception ne viendra pas de ce qu’il est mais de ce que nous avons investi en lui. Nous attendons tellement de sa présidence que même un Superman, un Batman, un Spiderman, chacun de leur côté ou tous les trois ensemble, ne pourraient relever le défi. Seul sans doute Dieu en serait capable. A l’heure du désenchantement du monde, voilà qui est bien paradoxal. Mais Barack Obama Superstar est aussi emblématique de nos attentes dans ce XXI° siècle où nous avons l’impression de ne plus savoir où nous allons, à moins que ce ne soit pas seulement une impression… Dès lors, Barack Obama peut devenir un grand président des Etats-Unis s’il est capable d’indiquer un chemin et d’y guider son pays et le monde à sa suite.

Mais nous ne devons pas attendre tout de Barack Obama. A cause de la déception dont nous avons parlé, bien sûr, mais aussi parce que si c’est le cas nous risquons de détruire tout ce qu’il peut apporter de bon. La passion, même si elle n’est pas partagée, lorsqu’elle se sent trahie est de celle qui porte souvent le plus de ressentiment et appelle à plus de vengeance. Elle devient aveugle en brûlant ce qu’elle a adoré la veille. Ce danger guette Obama plus que tout autre président des Etats-Unis et plus, peut-être, que tout autre dirigeant de notre monde contemporain. Cette passion trahie nous guette et sera peut-être terriblement destructrice. Car lorsque l’on investi autant, après que l’on se croit trahi, alors, il n’y a plus rien, il n’y a plus d’espoir.

D’autant qu’il faudra bien savoir de quel Obama l’on parle. De celui qui dit ce qu’il pense et ce qu’il veut faire ou de celui à qui on prête toutes nos attentes. Dans les médias du monde entier, on lit et on entend des gens qui viennent dire ce qu’Obama doit faire, ce qu’il faut qu’il fasse, ce qu’ils veulent qu’il fasse. On s’éloigne de la vraie personne d’Obama pour penser, tel un dieu que l’on prie, qu’il pourra exaucer nos vœux, tous nos vœux. Cette attente totalement irrationnelle n’est évidemment pas nouvelle dans l’histoire de l’Humanité ni même dans celle de la politique. Mais elle semble ici démultipliée. Car tout le monde à son Obama. Les noirs, les blancs, les jaunes, les rouges, les chrétiens, les athéistes, les musulmans, les bouddhistes, ceux qui votent à droite, ceux qui votent à gauche, les Arabes, les Juifs, les employés de l’industrie automobile, les activistes de l’environnement et de l’écologie, les pacifiques, les faucons, les tenants de la grandeur militaire des Etats-Unis, les tenants du softpower américain, les supporters d’une politique économique libérale et les interventionnistes, et ainsi de suite. Il y a autant de Barack Obama que d’habitants sur terre ! Non pas parce que chacun de nous en a une vision particulière, ce qui est le cas pour tous les gens connus, mais parce que chacun a investi ses propres attentes dans le nouveau président des Etats-Unis.

Nous devons ainsi être préparés à être déçus. Mais nous devons aussi nous préparer à relever les défis du XXI° siècle avec Barack Obama et à l’aider. Car s’il déçoit, s’il faillit, ce sera sans doute aussi parce que nous n’avons rien fait de notre côté (bien entendu, Barack Obama peut aussi ne pas se révéler à la hauteur de sa tâche ni même à celle de ses promesses). La personnalité providentielle n’existe pas et n’existera jamais. Mais celui qui possède le charisme et l’intelligence, capable de montrer le chemin, celui-là existe. Et quand on en trouve un, si Obama est bien un de ceux-là comme on peut l’espérer au vu de son parcours jusqu’à aujourd’hui, il serait bête de gâcher cette formidable opportunité de bâtir un nouveau monde, tous ensemble.

jeudi 25 décembre 2008

La vraie « révolution mondiale Obama »

Dorénavant, on ne pourra plus prétendre qu’une personne issue d’une quelconque minorité ne peut pas gouverner n’importe quel gouvernement de n’importe quel pays après une élection démocratique. C’est la résultante la plus importante au niveau mondial de l’élection de Barack Obama comme président des Etats-Unis. Ainsi, une personne faisant partie d’une minorité (environ 12% de la population) de la première puissance mondiale peut, grâce à son talent, en être élu son chef. C’est un bouleversement considérable qui n’a pas été assez souligné. Pourquoi est-ce même une révolution au vrai sens du terme ? Parce qu’il s’agit d’un changement irréversible, une donnée historique sans possibilité de retour en arrière : quoiqu’il arrive, un noir, c’est-à-dire un représentant d’une minorité ethnique, a été élu démocratiquement président des Etats-Unis d’Amérique.

Ni en France, ni en Russie, ni en Ouganda, ni au Chili, ni en Arabie Saoudite, quelqu’un pourra se lever pour prétendre qu’un membre d’une minorité n’est pas qualifié pour diriger démocratiquement le pays. Si la première puissance du monde le peut alors tous les pays du monde le peuvent. Ce principe est désormais inopposable pour le présent et l’avenir, inscrit dans le marbre de l’Histoire. Qu’un roi allemand soit choisi pour régner sur la Grèce au XIX° siècle n’est évidemment pas de la même nature qu’un Afro-américain, qui se présente à l’élection présidentielle des Etats-Unis, soit élu démocratiquement. Ceux qui prétendront le contraire ne pourront plus apparaître pour ce qu’ils sont réellement : des personnes réactionnaires, antidémocrates et, pour certaines, racistes.

Cette leçon venue des Etats-Unis est à la fois étonnante et normale. Etonnante si l’on se repasse les images des noirs interdits de voter, de fréquenter les écoles des blancs, d’entrer dans les restaurants et des commerces à cause de la couleur de leur peau, images qui ont été filmées dans les années cinquante et les années soixante. Quand Martin Luther King a initié sa bataille pour les droits civiques, il souhaitait que les noirs puissent être égaux aux blancs mais il n’imaginait pas qu’un représentant d’une communauté minoritaire pourrait devenir, quarante ans après son assassinat président d’un pays où, dans certains Etats, ses membres ne pouvaient pas mettre un bulletin de vote dans une urne ! Mais c’est aussi une évolution normale, quoique plus rapide que prévu, car depuis quarante ans et plus, les Etats-Unis sont devenues une culture mélangée, une culture cosmopolite, un pays multiculturel où les afro-américains ont toute leur place. Evidemment, l’élection d’Obama n’a pas mis fin au racisme d’une partie de la population ni à la pauvreté plus pregnante dans la communauté noire américaine. Tout n’a pas été réglé de ce point de vue là.

Mais la révolution mondiale, elle, est bien là. Oui, même si Barack Obama se révèle un piètre président, même s’il est corrompu, même s’il lui arrive malheur, le cours de l’Histoire a été modifié le 4 novembre 2008. Et c’est assez rare qu’un seul événement en soit capable pour ne pas être souligné.

samedi 6 décembre 2008

Que pouvons-nous faire pour aider Barack Obama?

Les scènes de liesse aux Etats-Unis et dans le monde entier le soir de l’élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis ont montré l’immense espoir qu’il a soulevé et l’immense attente qu’il suscite. Mais il faudrait être bien naïf pour croire que nous serons le 20 janvier prochain, jour de son investiture comme 44° président des Etats-Unis, dans un nouveau monde. Barack Obama n’est pas Harry Potter ! Ou, si, il l’est car il devra affronter de nombr'eux ennemis auprès que qui, Voldemort, le méchant sorcier qui veut la mort d’Harry est un aimable amateur… Mais, à l’inverse de monsieur Potter, il ne possède pas de baguette magique, ni a de sorts à sa disposition. Et la tâche qu’il devra affronter est titanesque. Car, même sans la crise économique et financière qui devient chaque jour plus profonde, la sortie du « monde de Bush » aurait été une tâche immense. Dès lors, comme le dit si bien Thomas Friedman, l’auteur du best-seller « La terre est plate », dans le New York Times, qu’allons-nous faire pour aider Barack Obama pour relever les défis qui se présentent à lui mais, surtout, à nous tous sur la planète ? L'Europe, la Chine, l’Inde, la Russie et d’autres nations vont-elles s’impliquer encore plus profondément dans le maintien de la paix dans le monde ? les Européens vont-ils envoyer plus de troupes en Afghanistan pour lutter contre le terrorisme ? La Chine va-t-elle enfin faire son devoir de nation civilisée au Soudan ? La Russie va-t-elle enfin jouer le jeu de la responsabilité mondiale et plus un double-jeu dans ses relations avec l’Iran, le Venezuela et d’autres régimes totalitaires ou corrompus ? Les Américains vont-ils, de leur côté, aider leur président à bâtir une nouvelle société en relevant les défis environnementaux mais aussi ceux de l’équité à l’intérieur des Etats-Unis mais aussi en dehors dans un monde où le leadership américain serait au service d’une cause universelle que porte en lui le « Rêve américain » mais jamais réellement mis en œuvre ? Oui, Barack Obama a besoin d’être aidé et non d’être simplement loué. Il n’est pas Dieu ni même un surhomme. Alors, au lieu de s’extasier sur les symboles forts de son arrivée au pouvoir, nous devons nous retrousser les manches parce qu’en aidant Barack Obama nous nous aiderons nous-mêmes, nous les habitants de la planète. Même si Obama faillit. Et ça, c’est sûrement le plus important.